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Interview : Céline Favy-Huin, co-fondatrice de Virtuoz

par Willy Persello, Mai 2021


Être : Pouvez-vous nous présenter la solution Virtuoz ?

Céline Favy-Huin : Virtuoz est un plan en 3D relié à un boitier électronique qui permet aux personnes mal et non-voyantes de se déplacer en toute autonomie dans les bâtiments recevant du public. Notre solution, fruit de deux ans de recherche et développement, offre un guidage par le toucher et des informations sonores qui enrichissent la compréhension de l’environnement.

Vous considérez-vous comme une start-up et comment voyez-vous évoluer l’univers de la techforgood ?

Implantés d’abord à Toulouse, nous sommes aujourd’hui installés à Clermont-Ferrand, au centre de la France, ce qui simplifie notre rayonnement. Je considère Feelobject comme une start-up car nous ne faisons plus de sous-traitance d’impression 3D, comme à l’origine de Feelobject, et nous développons uniquement les solutions Virtuoz.
La période actuelle est un peu compliquée pour les start-up. Pour nous, spécifiquement car les confinements, la fermeture de nombreux établissements recevant du public et le développement accéléré du télétravail a freiné le déploiement de notre solution. Pour les start-up en général, les banques sont sans doute plus frileuses dans cette période de crises sanitaire et économique.

La techforgood ? Nous sommes en lien avec ce secteur car nous mettons la technologie d'impression 3D professionnelle au service du handicap, et plus particulièrement du handicap visuel. Par contre, nous ne faisons pas partie de l'ESS (Economie sociale et solidaire) car ce n'est pas prévu dans nos statuts et nous n'avons pas le label ESUS. Nous sommes une SAS à impact.

Dans l’univers des star-up, la femme est-elle un homme comme les autres ?

L’univers des start-up est très compliqué pour les femmes. Elles ont un déficit de crédibilité, on leur fait moins confiance, par exemple pour les prêts sur l’honneur. Une anecdote : lors d’un jury, nous sommes avec mon associé. Là, un homme, un avocat, se tourne vers lui et lui dit : « Et elle, c’est un emploi de complaisance ? ». Le chemin est encore long !

Propos recueillis par Willy Persello