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Emploi, handicap et prévention


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Élodie Davoigneau : travailleuse en Ésat et candidate

par Laetitia Delhon, Mars 2020


À Mézin, Élodie Davoigneau, travailleuse en blanchisserie dans le secteur du travail protégé, figure en position éligible sur la liste du maire sortant.


Le village de Mézin, dans le Lot-et-Garonne, reste en 2020 à la pointe de l’innovation. Depuis 1993, l’Établissement et service d’aide par le travail (Ésat) géré par l’association L’Essor qui y est implantée constitue un modèle d’inclusion : avec ses différents commerces et services, de la blanchisserie jusqu’à la station- service, en passant par la cordonnerie et son atelier multiservices, il est devenu le poumon économique de cette petite cité gasconne.

Mais pas seulement : les travailleurs de l’Ésat, en situation de handicap psychique, bénéficient tous d’un accès à la citoyenneté en résidant sur la commune, dans des logements accompagnés ou autonomes, à la hauteur de leurs besoins. Ils participent à la vie du village, y sont consommateurs, acteurs, notamment grâce à l’association LEA, qui propose des actions culturelles et sportives.

Une continuité

Il apparaît donc légitime qu’un membre de l’Ésat, a fortiori un travailleur ou une travailleuse, soit représenté au sein du conseil municipal. Un souhait de longue date du fondateur du dispositif, Alain-Paul Perrou : il considérait qu’un élu issu de l’Ésat constituerait l’aboutissement de ce projet d’inclusion. Sans présager du résultat de l’élection, son voeu se réalisera peut-être grâce à Élodie Davoigneau.

À 29 ans, cette travailleuse à la blanchisserie depuis 2012 se présente sur la liste du maire sortant, Jacques Lambert. « Il est venu me voir pour me demander si j’étais intéressée, parce qu’il sait que je discute facilement avec les personnes et qu’il estimait que l’Ésat devait être représenté, car sans lui Mézin serait vide », explique-t-elle. Après un temps de réflexion, ainsi que des explications reçues sur la campagne, le mandat et le rôle d’un élu, elle décide de s’engager.

En campagne

La préparation de la campagne implique une réunion avec les autres membres de la liste tous les lundis. « Au début, je ne connaissais pas grand monde mais, comme je m’intègre assez vite, maintenant je discute avec tous », poursuit-elle. Parmi les propositions qu’elle souhaite défendre : la création d’un parc de jeux pour les enfants et la création de places de stationnement supplémentaires pour faire face à l’afflux de voitures. Pour Jacques Lambert, la présence d’Élodie Davoigneau en position éligible sur sa liste de 19 candidats “Ensemble pour l’avenir de Mézin” est tout simplement naturelle. « À propos du handicap des travailleurs de l’Ésat, le fondateur disait qu’il s’agissait d’une “coquetterie”, comme on en a tous. Élodie est une citoyenne comme une autre, nous sommes tous ravis de la compter parmi nous et de préparer la profession de foi avec elle. » Chacun s’assure de sa participation et de sa bonne compréhension des enjeux. Pour exercer son mandat, Élodie pourra s’appuyer sur l’équipe municipale et des personnels ressources au sein de l’Ésat.

Mézin, cité natale d’Armand Fallières, président de la République de 1906 à 1913, sera peut-être aussi la première à porter à sa tête une travailleuse d’Ésat.