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Emploi, handicap et prévention


© Société Générale/Régis Corbet

Emploi Réussir

Société Générale : "boulothérapie"

Décembre 2019


Depuis cinq ans, Vinciane Debrosse occupe un poste à responsabilités à Société Générale, tout en luttant contre un cancer. Une activité professionnelle qui, pour elle, participe à sa thérapie.


Son cancer l’a contrainte à s’arrêter durant neuf mois. Mais dès qu’elle l’a pu, Vinciane Debrosse a tenu à reprendre le travail. « À mon retour, j’ai rencontré le médecin du travail, la RH et l’assistante sociale, indiquet-elle. Tout comme mes responsables, ils ont su m’écouter et me conseiller. » Début 2015, elle reprend le travail à 50 %, sur un poste que son manager estime compatible avec ce temps partiel et son traitement. « Je venais juste d’apprendre ma rechute et je repartais pour une série de traitements », précise-t-elle. Se sachant toujours malade, elle fait une demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) en 2016. « Plusieurs personnes de mon entourage atteintes d’une sclérose en plaques n’osent pas faire cette démarche de peur de révéler leur maladie, mais la RQTH permet un accompagnement pluridisciplinaire et nous n’avons pas obligation de faire part de notre situation de handicap à notre manager ni à nos RH », souligne-t-elle.

“Preuve de confiance”

Vinciane, elle, n’a pas connu ce problème : son manager lui a toujours fait confiance et a su appréhender sa maladie avec beaucoup de bienveillance. « Il ne m’a jamais traitée comme une personne malade, mais comme une personne et un membre de l’équipe à part entière », précise-t-elle. À tel point que son manager n’a pas hésité à lui proposer un poste de responsable d’équipe sur un temps partiel à 80 % tout en la sachant malade et avec des soins. « Mon oncologue m’a dit OK. C’est une très belle preuve de confiance et je peux dire aujourd’hui que c’est le boulot qui m’a fait tenir », confie-t-elle.

Vinciane a participé à des groupes de travail dans le cadre de la charte de l’Institut national du cancer (Inca) signée par le groupe pour la mise en place du dispositif d’accompagnement de ses collaborateurs. « J’ai récemment accepté de témoigner dans une vidéo diffusée lors de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées, annonce-t-elle. Je suis extrêmement reconnaissante de l’accompagnement que m’a apporté Société Générale. Si en plus mon témoignage peut aider les collègues atteints comme moi d’une maladie chronique… »


La force des témoignages

Au même titre que Vinciane, trois autres collaborateurs de Société Générale en situation de handicap invisible témoignent dans des pastilles vidéo diffusées auprès des 45 000 salariés France, dans le cadre de la SEEPH. « Depuis douze ans, la Mission Handicap accompagne naturellement tous les collaborateurs en situation de handicap, dont 20 % seulement sont visibles, explique Valérie Fanget, responsable de la Mission Handicap. Aujourd’hui, nous voulons parler des 80 % en situation de handicap invisible afin de les accompagner de façon aussi naturelle. C’est pourquoi nous souhaitons sensibiliser les managers et les collaborateurs à savoir comment en parler, appréhender ces situations et les accompagner. » Dans cette démarche, Société Générale a signé fin 2018 une chaire avec Kedge Business School pour soutenir un programme de recherche académique et en entreprise sur le management du handicap invisible.