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Emploi, handicap et prévention


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Emploi Approfondir

Interview : François Pinte, « Les 1001 missions de Synergie »

par Armandine Penna, Mars 2019


Synergie lance une campagne d’information auprès des entreprises, candidats et partenaires à l’occasion de la loi Avenir pro. Les explications de François Pinte, secrétaire général et responsable RSE du groupe.


En quoi l’intérim est-il une voie d’insertion privilégiée ?

Pour les personnes en situation de handicap, il y a deux outils disponibles et pertinents : l’apprentissage et l’intérim. Ce sont deux parcours qui permettent une initiation réciproque et progressive. D’une part, le salarié en mission d’intérim peut être délégué dans des entreprises différentes, découvrir celle qui correspond le mieux à ses valeurs et à ses compétences, et prouver qu’il est un salarié comme les autres. D’autre part, les chefs d’entreprise qui, souvent, ont la volonté d’avancer mais n’osent pas toujours franchir le pas.

Mais n’est-ce pas une menace pour l’emploi durable ?

Non, au contraire. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’intérim est un outil d’insertion vers l’emploi durable. Pour une personne peu qualifiée, la mission d’intérim est une opportunité à saisir pour avancer… pour peu qu’elle soit proposée par un acteur d’interim vertueux dans son engagement RSE et investi dans l’accompagnement des personnes en difficulté. C’est précisément cet accompagnement qui va leur donner un bagage et un cadre pour se faire une place dans l’emploi plus durable, via par exemple un CDI intérimaire.

Synergie est-elle un acteur vertueux ?

Notre force est d’avoir créé une Mission Handicap il y a maintenant quinze ans, avec des référents répartis sur le territoire national. Ces experts animent le réseau et répondent à la fois aux questions de nos agences et à celles de nos clients. Aujourd’hui, 1 700 de nos salariés intérimaires ont la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), ce qui avec un taux de 1,5 % nous place audessus de la moyenne de la profession (1,3 %).

La nouveauté législative qui facilite le recours aux intérimaires handicapés va-t-elle encourager cette dynamique ?

Nous avons engagé en février une opération de communication “1 001 missions pour aller plus loin” auprès de nos clients et prospects pour les informer et leur expliquer cette nouvelle mesure qu’ils ne connaissent pas forcément. Et pour leur dire que c’est une occasion pour eux de franchir le pas ! D’autant que, comme nous l’avons défendu auprès du gouvernement, les unités bénéficiaires reviennent à nos clients pour le calcul de leur taux d’obligation d’emploi des 6 %, ce qui peut aussi être incitatif.

Et en interne ?

Quand on véhicule un message, il est important d’essayer d’être soi-même exemplaire. Dans le cadre d’un accord d’entreprise agréé en 2018 par la Direccte, nous avançons pour atteindre nous-mêmes les 6 % pour nos permanents. Fin 2018, nous étions déjà à près de 4 % pour un effectif totalement consolidé sur l’ensemble du groupe, devançant ainsi la loi. Nous sommes, par ailleurs, en train de mettre en place un réseau d’agences expertes, certifiées en interne par le label “Handi c’est oui” : l’objectif est qu’une soixantaine d’agences soient labellisées d’ici 2020. C’est en cours pour une vingtaine. Dans ces agences, des collaborateurs sensibilisés sur le sujet se sont portés volontaires pour suivre une formation et devenir eux-mêmes experts de l’accompagnement des travailleurs en situation de handicap, dans un travail de réseau avec nos partenaires, comme Cap Emploi par exemple.

Propos recueillis par Armandine Penna