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Emploi, handicap et prévention


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Emploi Entreprendre

Les AESH, piliers de l'inclusion scolaire

par Willy Persello, Septembre 2018


Les 80 000 AVS sont devenus AESH en 2014. Cependant, treize ans après la loi de 2005, ni leur statut ni leur formation ne leur assurent un métier stable, malgré certaines annonces du gouvernement.


Qu’est-ce qu’un AESH ?

Contractuel de l’Éducation nationale depuis la loi du 11 février 2005, l’accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) a pour « mission exclusive l’aide à l’accueil et à la scolarisation des élèves en situation de handicap ». Attribué à l’élève sur prescription de la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), l’AESH peut remplir deux types de missions :

  • une aide individuelle auprès d’un élève qui a besoin d’un accompagnement soutenu (jusqu’à 30 h/élève/semaine dans le secondaire, par exemple),
  • une aide mutualisée, auprès de trois élèves maximum, lorsque les besoins des élèves n’impliquent pas une prise en charge soutenue.

Différence entre AESH et AVS

Avant 2014, les AVS étaient recrutés sans diplôme en contrat aidé et en contrat de droit public, ce qui requérait le bac ou le niveau bac. Dès l’introduction du contrat à durée indéterminée en 2014, l’acronyme AESH s’est substitué à celui d’AVS. Cependant, les titulaires de contrat aidé de droit privé (contrat unique d’insertion, CUI) sont encore dénommés AVS.

Les chiffres-clés

80 000 accompagnants prennent en charge 45 % des élèves en situation de handicap qui ont besoin d’une assistance.

380 000 élèves en situation de handicap sont scolarisés en France.

10 900 nouveaux postes d’AESH à la rentrée 2018 ont été annoncés par les ministres de l’Éducation nationale et en charge des personnes handicapées

La professionnelle

AVS puis AESH depuis 2009, Virginie Cassand a connu deux ans de contrats aidés, suivis de six années de contrats à durée déterminée, avant d’obtenir un CDI rémunéré au Smic. Depuis 2011, elle est également tutrice et accompagne les nouveaux AESH lors de leur prise de fonction. Elle participe à l’animation d’un des nombreux collectifs que l’on trouve sur Facebook et Twitter : AESH Loi 2005.

Quelles formations pour devenir AESH ?

Lors du premier contrat (CUI ou AESH), les accompagnants doivent effectuer 60 heures d’adaptation à l’emploi. À titre de comparaison, le brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (Bafa), pour accompagner des jeunes en colonie de vacances par exemple, prévoit un minimum de 28 jours de formation (dont 14 minimum de stage). « À ce jour, cette adaptation à l’emploi n’est pas dispensée au candidat avant son entrée en fonction, mais au cours de la première année d’exercice, explique Virginie Cassand. En dehors de cela, les AESH n’ont aucune autre formation de renforcement des connaissances au cours de leur carrière. » Les ministres Blanquer et Cluzel annoncent avoir anticipé les recrutements pour permettre une adaptation à l’emploi en amont de leur prise de fonction. Cependant, afin de professionnaliser le métier, un diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES), de niveau de qualification V, a été mis en place depuis le 29 janvier 2016. Il peut être obtenu soit par VAE, soit délivré par un centre de formation.

Les qualités requises pour être un bon AESH

Adaptabilité, observation, empathie, écoute, disponibilité, bienveillance, connaissances des attentes au sein des établissements scolaires.

Les priorités pour la valorisation du métier

La professionnalisation est lente car les AESH ne signent pas les mêmes contrats de droit public. Des variations existent d’une académie à une autre et l’employeur peut être soit un rectorat, soit un établissement scolaire. La formation des AESH reste une question sans réponse pertinente de la part des gouvernements successifs. Et les élèves handicapés et leur famille sont les premiers pénalisés par cette situation.

« Quant à la reconnaissance, précise Virginie Cassand, elle ne vient pas non plus dans la mesure où le salaire nous maintient dans la précarité, et que nous ne sommes pas toujours perçus comme faisant partie intégrante de l’équipe pédagogique. »

Numéro 154, septembre 2018