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Emploi, handicap et prévention


Une conseillère prend connaissance du parcours et des aspirations
d’une candidate, à l’occasion de son premier entretien dans les
locaux nantais du Cap Emploi 44.

Emploi Entreprendre

Chronique d'un cap emploi en mutation 2/4 : un changement continu

par Armandine Penna, Juillet 2018


Notre première chronique décrivait les projets d’amélioration du Girpeh de Loire-Atlantique pour le Cap Emploi qu’il pilote. Ce nouveau volet donne la parole aux conseillers, cheville ouvrière de l’accompagnement des demandeurs d’emploi en situation de handicap – des conseillers rodés aux évolutions.


La trentaine de conseillers de Cap Emploi 44 – qu’ils soient du pôle accompagnant les personnes ou de celui qui accompagne les employeurs – travaillent en ce moment dans un contexte mouvant. Ils doivent composer avec les réformes nationales, pas toujours faciles à suivre. Ils doivent aussi apprendre à travailler avec leurs nouveaux collaborateurs spécialisés dans le maintien dans l’emploi, venus après l’intégration du Sameth au Cap Emploi, et ce alors que le poste de directeur est vacant jusqu’en juin. Si innovant soit-il, le processus de "transformation agile" auquel ils ont été associés par les administrateurs bénévoles du Girpeh 44 – qui gère l’Office de placement spécialisé (OPS) – complique encore leur quotidien. La feuille de route présentée par le Girpeh mi-mars les entraîne dans une nouvelle transition. Développement des prestations collectives, amélioration de l’analyse des compétences, multiplication des événements rapprochant candidats et employeurs, polyvalence… : les conseillers estiment que ces nouveaux points sur leur liste des "affaires en cours" sont pertinents mais qu’il leur faut du temps pour les mettre en œuvre.

Démarche qualité

« En réalité, nous sommes habitués au changement car cela bouge sans cesse », explique Isabelle Valéau, directrice adjointe provisoirement à la direction de l’OPS, « mais il faut que cela se fasse avec sens. » Le Cap Emploi 44 est engagé depuis 2010 dans la démarche qualité Iso 9001, fondée sur l’amélioration continue et l’écoute client. « C’est le cas de nombreux autres Cap Emploi », précise-t-elle.

« Il est toujours intéressant de se remettre en question pour aller de l’avant. Cela fait partie de notre état d’esprit », déclare Amandine Clause, conseillère depuis 2012 et qui a participé à l’atelier organisé par le Girpeh 44 en décembre 2017 avec des employeurs, des demandeurs d’emploi et des associations. « Mais il faut d’abord bien se demander ce qui existe et ce qui fonctionne… ou pas ! »

Valoriser l’existant

Isabelle Le Corre, également conseillère Cap Emploi depuis 2012, a participé avec intérêt à la demi-journée de travail entre salariés sur les améliorations possibles. Selon elle, « les chiffres de retour à l’emploi ne cessent de s’améliorer, mais il y a bien sûr encore du travail ». Elle rappelle qu’il est inhérent au métier de conseiller en insertion professionnelle (CIP) « de savoir s’adapter en permanence : à chaque demandeur, à chaque entreprise, et au marché de l’emploi ». « J’en ai vu, des changements ! » témoigne Laurence Rostren, pour sa part conseillère depuis 1987. D’ailleurs, selon elle, si Cap Emploi 44 existe depuis trente ans, « c’est bien parce qu’il a su se restructurer quand il le fallait ». Mais pour cette conseillère aguerrie, beaucoup d’outils sont déjà disponibles : « Ce serait bien de pouvoir faire notre travail correctement avec ce dont nous disposons. Et pour cela nous avons surtout besoin de plus de temps ! » Notamment pour traiter, en lien avec les professionnels des secteurs sanitaire et médico-social, tous les problèmes périphériques au handicap qui freinent l’accès à l’emploi. Elle conclut : « Cela dit, nous sommes prêts à essayer, tester, ajuster et supprimer si ça ne marche pas… comme on l’a toujours fait ! »

Texte et photo : Armandine Penna

Numéro 153, juillet 2018